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Vacances

La Sicile, juin 2004

Enfin, l’arrivée à Palerme. Chaleur étouffante et soleil de plomb sur le tarmac. Un premier regard, surpris, sur la ville chaotique qui se poursuit lors du trajet en bus... avant de plonger réellement dans la si belle Sicile.

Visite de Cefalù et montée de la Rocca

Arrivée à Céfalù nous nous enfonçons dans la cité.
Une ruelle à droite nous signale le château de Diane. Bien que nous ayons prévu de faire un petit tour en ville au préalable, l’occasion est bonne et nous avons trop attendu pour laisser échapper cette occasion de découvrir vraiment la Sicile de nos représentations touristiques.
L’ascension de la roche n’est pas trop pénible d’autant plus que nous faisons des poses nombreuses pour admirer le lointain qui nous dévoile au fur et à mesure de la montée de splendides coups d’œil plongeants sur le village.

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Nous embrassons bientôt un paysage plus ouvert dans lequel se détache très clairement la pittoresque vieille ville nichée au pied de la roche et un peu plus loin, des constructions plus récentes qui occupent une zone plus importante bien que limitée par la longue plage de sable au nord et par les montagnes de Madonie encore vierges d’habitation au sud. Notons au passage que Céfalù est donc situé Nous sommes donc sur la côte Nord mais en cette saison cela n’est pas encore sensible quant aux températures ou à l’ensoleillement.

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Au cours d’une de ces poses nous décidons de déjeuner (certes il est encore tôt -11h45- mais nous n’avons pas encore le rythme sicilien !!) et nous découvrons le contenu fort ordinaire de nos paniers-repas : une tomate, une pomme du fromage, du jambon de dinde et de la viande séchée et quelques morceaux de ce pain aux intonations de brioche. Ce n’est pas terrible mais notre budget serré ne nous permet pas de déjeuner tous les jours au restaurant...
Cela n’altère pas notre bonne humeur et nous reprenons notre montée. Une fois passées les parties les plus abruptes sur lesquelles subsistent les restes encore solides d’anciennes fortifications médiévales nous devinons le sommet. Pour l’atteindre nous aurons encore à marcher entre une petite forêt de pins et des pâturages bien secs.
Au coin de la forêt de pins, juste au dessus du village se cache le temple de Diane.

Le temple est une construction de forme polygonale de 8m sur 4. Juste en face du corridor principal du temple, on trouve encore une cavité creusée importante qui faisait office de citerne d’eau. Architecturalement simple le temple possède néanmoins un charme certain avec ses beaux blocs calcaires soutenant encore une massive architrave. Compte tenu des ses origines forts anciennes, l’ensemble est donc étonnamment bien conservé ; Les historiens ont en effet recensé deux périodes principales de construction au XI ème et au III ème siècle avant JC.

Nous laissons le temple pour continuer notre montée au travers de la pinède. Le paysage dans cette forêt est magnifique, les contrastes entre le profond bleu de la mer et l’ocre, le feu de cette terre brûlée. Après nous être égarés par deux fois sur des sentiers à moutons, nous décidons de redescendre un peu pour retrouver les fortifications et contourner l’à pic final par les remparts pour trouver le bon passage. Au passage nous admirons encore les paysages magnifiques de la côte orientale, encore vierge et aussi rouge et découpée que la côte Estérel.

Il faudra la puanteur nauséabonde d’une charogne de mouton, et les cris d’une Cathy révulsée pour nous sortir tout à fait de nos contemplations et nous décider à accélérer le pas pour accéder au sommet. En fait cela tombe bien car notre flânerie sur la Rocca dure depuis un moment et il ne nous reste bientôt plus rien des 4 litres d’eau emmenés ce matin.

Une cabane de berger occupe un sommet sans prétention qui révèle néanmoins un vaste panorama sur la région. On distingue très clairement que Céfalù sans être réellement un cap constitue une avancée côtière en mer Tyrhénéenne et donc un poste stratégique offrant un poste de surveillance idéalement placé des déplacements marins (on distingue les îles éoliennes) et des kilomètres de côte. Au sud donc derrière la roche se dresse très rapidement un rideau d’imposantes montagnes qui culminent au sud-ouest avec le mont Calogero au sud avec les Madonies et à l’est avec les Nébrodie. La langue côtière qui séparent la mer de la montagne est parfois ridiculement étroite parfois même totalement absente. Une chance pour la côte qui est restée encore vierge par endroits même si cela contribue à l’enclavement de beaucoup de ces villages.
Le temps de faire une pose face à la mer contre la cabane et nous entamons la descente...

L’Etna

En route vers l’Etna

6 heures ! Encore tout ensommeillés, nous sommes arrachés brusquement aux bras de Morphée par le son pointu et strident d’une mélodie électronique.
Un programme de randonneurs téméraires nous attend. Les yeux à peine écarquillés, happés par les premiers rayons du soleil qui s’engouffrent à travers les volets à demi-ouverts, nous savourons ces instants de pur bonheur en dévorant une grosse poignée de gâteaux siciliens.
Sac à dos, chaussures de randonnées, coupe vent, pull-overs et bouteilles d’eau, nous sommes parés pour la vertigineuse ascension de l’Etna ! Excitation, parfum d’aventure, turbulence des sens,... sonnent les premières notes de cette excursion.
Le Majestueux ne se laissera approcher qu’après un long trajet sillonnant la Sicile de Nord en Est. 3 heures de traversée pareilles à celles du désert nous enseignerons alors la nudité et l’aridité des intérieurs de l’île.
Un tableau dont les couleurs de base se serraient figées dans un mélange d’ocre, d’orange et de jaune d’or, compose des étendues vallonnées aux formes douces et généreuses.

La lancinante répétition des scènes nous révèle d’autres scènes de la Sicile : une terre pauvre et asséchée. Pas une habitation, pas la moindre trace d’exploitation agricole, pas le moindre troupeau en pâture... Seul un sol brûlé règne sévèrement. Plus encore que les immeubles délabrés de Palerme ou ses ruelles crasseuses qui installent la misère, la Silice nous apparaît pauvre.
Après plusieurs heures de ce décor sec, surgissent des petits amas de verdure, des plantations d’olivier, de citronniers,... L’Etna n’est plus très loin. Bientôt, nous l’apercevons surplombant la vallée.
Nous pénétrons des zones boisées pour trouver très vite le maquis méditerranéen.

L’ascension

Nous arpentons doucement le col. Une brise légère caresse nos visages. Nous pouvons déjà contempler les premières coulées de lave. Progressivement le maquis s’efface, les quelques arbres restant disparaissent pour laisser place à une éphémère et pauvre végétation. Bientôt plus que des coulées de lave et encore des coulées et encore des coulées...
Nous garons la voiture. La brise a disparue. 2 sandwichs pour le déjeuner. Il est 9 h 30, nous entamons l’ascension. La montée est autorisée jusqu’à 2900, un guide nous rejoindra pour poursuivre.
Pour un meilleur confort de marche, nous empruntons la route tracée pour le passage des cars. La pente est douce, la montée se fait sans trop de difficulté. Nous zigzaguons entre les virages appréciant les vues imprenables qui s’offrent à nous. Il subsiste toutefois une légère brume qui nous prive d’une totale contemplation.

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Une seule frustration, nous distinguons à peine la Mer. On commence à se familiariser avec ces immondes et impressionnants blocs de lave qui ressemblent à de la boue séchée. Les coulées observées à ce niveau sont celles de 2001 (pas très rassurant !).

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Après deux heures de marche, nous quittons les gigantesques coulées de lave pour pénétrer dans un décor lunaire. Des dunes et des dunes de sables noirs s’ouvrent à nous. Nous contemplons avec étonnement ce décor apocalyptique.
Nous nous arrêtons pour déjeuner. Trop fatigués, nous nous partageons un seul sandwich.
Au bout de 4 heures de marche, nous apercevons le sommet de l’Etna.

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Nous avons marché encore une bonne heure avant d’atteindre les 2900 mètres. Là, nous découvrons un large plateau dénudé et rocailleux, où l’on pouvait apercevoir un premier cratère puis un second dans son prolongement. De puissantes rafales de vent nous assaillent. Afin de nous abriter, nous nous affalons sur les parois du premier cratère. Un forte odeur de souffre s’en échappait. Des pierres rougies indiquaient une activité souterraine.

Nous pouvions apercevoir le dernier cratère que nous ne pûmes malheureusement approcher du fait de l’absence du guide.

La descente fût tout aussi épique que l’ascension ! Nous nous enfoncions dans les monticules de sable noir. Et puis soudainement, la route disparue. Plus de route ! Où sommes-nous ? Nous sommes perdus ! Il faisait froid et le soleil disparaissait peu à peu. Des dunes à pertes de vue et toujours pas de route. Assez vite, nous avons retrouver le chemin et notre calme !

Les Nébrodie

Vidés par cette expédition, on ne rêve que d’un bon bain relaxant. Pour la détente, on verra plus tard, un long trajet nous attend encore. On descend puis contourne l’Etna par le nord en traversant Randazzo et d’autres villages.
Nous pénétrons alors un peu à l’aveuglette dans la chaîne de montagnes des Nébronie où nous traversons un paysage varié d’une beauté rarissime, riche en forêts, aux massifs montagneux rudes et imposants, aux collines fertiles, aux vallées luxuriantes et à la végétation rupestre.
Un spectacle féerique se déploie sous nos yeux, qui très vite nous fera oublier les premières courbatures ! La découverte de cette contrée, nous permet de contempler des lieux qui semblent comme suspendus dans le temps. Des territoires presque oubliés et vierge de toute urbanisation, nous offrent un voyage empreint de tranquilité. La voie de nos aînés nous ouvre la route et nous plonge dans une sérénité déconcertante. Tout semble avoir été composé pour le plaisir du regard. La route, après nous avoir offert de vastes et somptueux panoramas, nous invite à pénétrer dans les méandres d’un village étroit, construit sur une chaîne rocheuse élevée. Cette petite bourgade d’antan au nom évocateur : « Cesaro », nous entraîne dans une belle farandole authentique. Des petits vieux réunis au coin d’une ruelle savourent paisiblement le soir de leur existence.
Nous nous dirigeons vers l’église, qui comme nombre de « Duemo » obéit au rite latin. Toujours splendides, ces lieux ô combien sacrés pour le Sicilien.

A nouveau, nous admirons l’ampleur du paysage où se succèdent, de façon ininterrompue, vallées, collines, montagnes. Nous laissons derrière nous « Cesaro » qui, du haut de son crucifix, surplombant la colline, ouvre ses bras à l’Etna imposant et imprévisible !

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Nous avons sillonné le massif des Nébrodie pendant 4 heures, appréciant toujours plus, l’agilité et la précision avec laquelle le Sicilien dompte la montagne. Ce jour là, nous avons rêver d’une petite bâtisse retapée, perchée quelque part dans ce décor intemporel !
Nous avons fini par rejoindre la côte. Nous avons longé un long moment la Mer. Une abominable route parsemée de têtes d’épingle, nous a tenu en haleine jusqu’à l’hôtel.

La vallée des temples et découverte d’Agrigente

Agrigente est située au centre de la côte sud de la Sicile à mi-distance entre Sciacca à l’Ouest et Gela à l’Est. Nous traversons donc la Sicile de part en part en empruntant une nationale très fréquentée, qui nous offrira comme souvent de jolis paysages mais aussi quelques frayeurs, les camionneurs étant aussi prudents.
C’est donc soulagés que nous arrivons en vue d’Agrigente d’autant plus que le temps orageux et les pluies des faubourgs de Palerme ont laissé place à un grand soleil sans nuage. Souvent durant notre séjour nous expérimenterons ces changements de temps d’une région à l’autre.
Agrigente est entourée d’une ceinture d’immeubles récents et sans charmes. Cela nous avait déjà choqué à Palerme mais à Agrigente cela est pis encore.
Nous arrivons sur le parking de la Vallée des temples aux alentours de 1O heures. Le soleil chauffe dur. Nous remplissons les sacs à dos de plusieurs bouteilles d’eau et commençons notre balade.
Le site est en fait une petite colline sur laquelle on été retrouvés des traces très diverses et très variées de civilisations. Mais bien la richesse du site vient avant tout des 5 temples construits par les grecs entre le VI ème et le IV ème avant JC.

Le temple de la Concorde

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La temple d’Héra (Junon)
Le temple d’Héraklès
Le temple de Zeus Olympien
Le temple de Castor et Pollux (ou des dioscures)

La Villa Romaine (Piazza Armerina) et les villages des Madonie

La villa romaine ou villa Ceramici est situé en léger contrebas de la ville de Piazza Armerina. Nous connaissons maintenant la route qui nous y mène puisqu’il s’agit de l’autoroute qui rejoint Palerme à Catane en traversant les parties les moins vallonnées de l’intérieur de la Sicile.
Nous arrivons aux alentours de 10 heures sur place. Déjà les cars de touristes et leurs cohortes de touristes pressés et impatients et autres de vendeurs de souvenirs sont là. Pourtant dès nos premiers pas, nous sommes surpris par la quiétude de l’endroit baigné d’une atmosphère particulière. Plus qu’ailleurs l’impression de voyager dans le temps pour pénétrer l’univers des hommes qui 16 siècle plus tôt ont vécu ici émeut et invite à mille réflexions des plus philosophiques aux plus pratiques.
Cette villa abrita plusieurs riches familles romaines entre le III ème et le V ème siècle. La première famille à laquelle on doit la réalisation de merveilleuses céramiques qui ont fait la renommée du site est... La villa fut édifiée par les esclaves des maîtres des lieux mais les éléments artistiques ont été réalisés par les plus grands artisans et artistes de l’époque...
La visite de ce site est impressionnante tant la beauté des vestiges est grande. Mais plus encore que la beauté du site, c’est la fraîcheur de la pinède, l’atmosphère et autres choses impalpables.

Pour le retour, nous empruntons la route qui passe Leonforte puis Nicosia. La route grimpe jusqu’au village de Sperlinga situé sur une crête. Bien que non indiqué sur notre guide le château qui en occupe le faîte attire notre attention. Et bien nous en prendra car le détour que nous décidons de faire s’avèrera très riche. Le château est à la fois massif, imposant et délicat. Pourtant cet ensemble homogène incroyablement mêlé à la roche dégage une force et une beauté étonnante. L’imposante masse calcaire, fortification naturelle a été façonné par la main de l’homme et littéralement ciselée. On trouve ainsi taillé dans la roche de nombreuses pièces dont des celliers, une forge, une église et même une écurie. Les proportions ainsi que la qualité de ces réalisations est étonnante et en fait une réelle splendeur. La vue offerte sur les Madonies à l’Est, sur les Nébrodies au Nord et sur Gangi et son plateau au sud est grandiose.

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L’histoire de ce château Normand est originale puisque nous apprenons qu’il fut renforcé en 1282 par des français fuyant les massacres de la guerre des vêpres siciliennes. Quant à son édification, les habitants du crû, vous répondront que l’existence du château est totalement attachée à celle du village et qu’il a toujours existé....

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